Longtemps associée à ses scènes de maternité, Mary Cassatt fut aussi une artiste qui construisit sa carrière dans un monde de l’art largement masculin. Avec Mary Cassatt – Le choix de l’indépendance, l’historienne de l’art Sandrine Andrews revient sur un parcours qui invite à regarder autrement l’une des figures majeures de l’impressionnisme.
Une femme peint des mères et des enfants : l’image s’impose, familière, presque évidente. Mais elle ne suffit pas à raconter Mary Cassatt. Américaine installée en France à partir des années 1870, elle mène une carrière de plus de cinquante ans, expose avec les impressionnistes, explore la gravure et s’affirme comme une artiste professionnelle à une époque où cette place reste difficile à conquérir.
C’est ce parcours que met en lumière Mary Cassatt – Le choix de l’indépendance, publié par Larousse et signé par Sandrine Andrews. Richement illustré, l’ouvrage retrace la vie et l’œuvre de Cassatt à travers une idée directrice : l’indépendance comme choix artistique et manière d’habiter son époque.
Au-delà de la « peintre des mères »
Les scènes de femmes et d’enfants occupent une place importante dans l’œuvre de Cassatt. Pourtant, les réduire à une célébration idéalisée de la maternité reviendrait à passer à côté de leur modernité. Ses modèles lisent, prennent le thé, se rendent au théâtre ou partagent des gestes du quotidien. Ils ne sont pas seulement observés : ils habitent l’image, absorbés dans leurs pensées ou pleinement présents les uns aux autres.
Cassatt n’a pas elle-même été mère. Ce décalage entre sa vie et les sujets auxquels son nom reste souvent attaché invite à déplacer le regard : comment une artiste construit-elle des images aussi attentives à l’intimité sans les transformer en scènes convenues ? Le livre propose de replacer ces œuvres dans une trajectoire plus vaste, où l’observation du quotidien va de pair avec une volonté de choisir ses sujets et de développer son propre langage
Une carrière construite avec détermination
Mary Cassatt évolue dans un milieu artistique où les femmes disposent de moins de possibilités pour se former, exposer et être reconnues. Proche d’Edgar Degas, elle participe à quatre expositions impressionnistes à partir de 1879. Elle s’intéresse aussi à la gravure, un domaine où elle expérimente des techniques et des effets nouveaux, notamment dans sa série des Dix Planches en couleurs.
Son indépendance se joue également hors de l’atelier. Cassatt conseille des collectionneurs américains et contribue à faire connaître la peinture impressionniste aux États-Unis. En 1915, avec son amie Louisine Havemeyer, elle organise à New York une exposition en faveur du droit de vote des femmes. Son engagement ne se limite donc pas à la façon dont elle peint les femmes : il se prolonge dans ses choix professionnels et dans son action publique
Le titre du livre éclaire ainsi une dimension essentielle de son parcours, sans faire de l’indépendance un simple mot d’ordre. Elle se construit au fil d’une œuvre, de relations, de choix économiques et d’une présence active dans la vie artistique. Cassatt ne se tient pas à l’écart de son époque : elle y prend sa place, tout en défendant une approche personnelle.
Un livre au moment du centenaire
La parution de cet album accompagne le centenaire de la mort de Mary Cassatt, disparue en 1926. Le calendrier est aussi marqué par l’exposition Mary Cassatt, l’indépendante, présentée au musée d’Orsay du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027. Organisée avec la National Portrait Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, elle réunira près de 80 tableaux, pastels et estampes et s’appuiera notamment sur des lettres inédites et des sources jusqu’alors peu exploitées.
L’ouvrage de Sandrine Andrews offre une entrée accessible dans la vie et l’œuvre de Cassatt, tandis que l’exposition annonce une relecture approfondie de sa carrière. Ensemble, ils invitent à dépasser l’image familière de la « peintre des mères » pour retrouver une artiste complète : peintre, graveuse, professionnelle, conseillère et défenseuse de l’émancipation des femmes.
Sandrine Andrews
Historienne de l’art installée à Paris, Sandrine Andrews écrit pour la revue d’art DADA et conçoit des ouvrages consacrés à l’art pour différents publics. Elle a notamment publié des livres sur Berthe Morisot, Henri Matisse, John Singer Sargent et Rosa Bonheur, ainsi que des ouvrages de découverte de l’histoire de l’art destinés à la jeunesse.
Mary Cassatt – Le choix de l’indépendance
Dans cet album richement illustré, l’historienne de l’art Sandrine Andrews retrace la vie et l’œuvre de Mary Cassatt, en mettant l’accent sur son parcours d’artiste et sa conception de l’indépendance.
Autrice : Sandrine Andrews
Éditeur : Larousse
Collection : Albums d’art
Format : broché · 19 × 23,5 cm
Pagination : 128 pages
ISBN : 978-2-03-609473-4
Prix indicatif : 14,99 €
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