Et si l’art et le patrimoine pouvaient redessiner nos manières d’habiter le monde ? C’est la conviction qui guide Maud Boissac, femme de culture et stratège des territoires. De Lyon à Venise, de Paris à Cannes, elle construit un parcours exigeant, nourri de savoirs et d’expériences de terrain. Honorée parmi les 100 Femmes de Culture de l’année 2024, elle incarne une nouvelle génération d’actrices culturelles, pour qui la culture est à la fois levier de transformation, lien collectif et force d’avenir. À Cannes, elle œuvre avec exigence et discrétion au rayonnement d’une politique culturelle ambitieuse et partagée.
Dans un monde révélé comme pilier essentiel du développement humain, social et économique, des femmes d’exception se distinguent par leur vision et leur engagement. Parmi elles, Maud Boissac, récemment honorée parmi les 100 Femmes de Culture de l’année 2024 par l’Association Femmes de Culture au Palais de Tokyo, en présence de la ministre de la Culture Rachida Dati.
Cette distinction, marrainée par Golshifteh Farahani, souligne l’impact de son travail et son rôle de modèle dans le paysage culturel francophone. Telles que Marion Barbeau, Bénédicte Épinay, Sophie Fontanel, Angélique Kidjo, Alexia Laroche-Joubert, et celle des représentants de la Fondation RAJA-Danièle Marcovici, aux côtés des organisateurs Stéphan Paris, Hélène Fulgence, Laurence Le Ny, Patricia Stibbe, et Rosalie Varda, témoignent de l’importance de cet événement.
Ce prix prestigieux couronne un parcours pluridisciplinaire nourri d’exigence et de cohérence, à la croisée des disciplines et des territoires. Maud Boissac a forgé sa vision de la culture à travers un itinéraire académique solide : histoire, histoire de l’art, économie de la culture et politiques publiques. De Lyon à Paris, en passant par Venise et Grenoble, elle a conjugué les savoirs pour mieux comprendre le rôle transversal de la culture dans nos sociétés.
Ce sont ses expériences de terrain qui transforment sa pensée en action. À Venise, elle découvre l’art comme expérience vécue, ancrée dans la beauté patrimoniale autant que dans les défis d’un tourisme de masse. En Irlande, elle étudie la typologie des publics pour le Réseau des Grands Sites de France, mesurant l’importance d’un ancrage local éclairé par des politiques culturelles bien pensées. À Paris, elle affine son expertise dans la valorisation des sites culturels. Elle a également dirigé pendant dix ans la culture et le développement touristique dans le Pays de Grasse, où elle a mené des projets ambitieux autour du patrimoine, notamment liés à la parfumerie et aux plantes à parfum. Partout, elle tisse un fil rouge : faire de la culture un levier de transformation, et non pas seulement une offre.
Directrice de la Culture à la mairie de Cannes depuis 2016, elle coordonne aujourd’hui une équipe de 250 agents permanents, supervise 22 équipements culturels et porte des projets d’envergure, mêlant patrimoine, art contemporain et diplomatie culturelle. L’inscription de l’île Saint-Honorat au patrimoine mondial de l’UNESCO ou encore la création du Musée international du Cinéma et du Festival de Cannes figurent parmi ses projets structurants. Sa démarche dépasse la simple gestion culturelle : elle construit un récit commun, inclusif, exigeant, accessible à tous les publics.
Maud Boissac croit à la culture comme ciment collectif. Une culture qui éveille, relie, dialogue. Elle insiste sur la nécessité d’un aménagement culturel et cohérent du territoire, d’un tourisme durable et d’un équilibre subtil entre rayonnement international et ancrage local. Le label UNESCO “Creative City” attribué à Cannes en 2021 vient conforter cette vision ambitieuse et responsable.
Inspirée par des figures comme Hirokazu Kore-eda, Haruki Murakami, Tamara de Lempicka ou Caroline Guiela Nguyen, sensible à l’art baroque italien comme aux esthétiques japonaises contemporaines, elle incarne une génération d’actrices culturelles qui n’opposent plus tradition et modernité, contemplation et engagement. Elle navigue entre les œuvres classiques des maîtres flamands et les créations scéniques de Baro d’Evel, entre la rigueur lumineuse de Vermeer et la sensibilité brute du théâtre d’aujourd’hui. Nourrie par les univers pluriels de la musique — de la mélancolie inclassable de Jay Jay Johnson aux énergies pop rock de Beirut — elle défend une vision de la culture où chaque discipline est une porte vers l’intime. Elle compose avec les institutions comme avec les artistes, s’attachant à faire vivre la culture dans toute sa richesse et ses contradictions.
Dans un monde où l’urgence sociale, environnementale et identitaire impose une redéfinition des priorités, Maud Boissac propose une voie structurée, humaniste et visionnaire. Loin du bruit, mais au cœur du mouvement.
Depuis 2016, Maud Boissac incarne, à la tête de la Direction de la Culture de la Ville de Cannes, une approche résolument ambitieuse, sensible et stratégique de l’action culturelle publique. Cheffe de service passionnée, elle coordonne un réseau dense composé de musées, médiathèques, centres d’art, archives municipales, écoles artistiques, salles patrimoniales et lieux de création.
Son action se distingue par une vision transversale qui fait dialoguer patrimoine, création contemporaine, éducation artistique et développement territorial. Elle coordonne des projets structurants tels que la création du Musée international du Cinéma et du Festival de Cannes avec le festival de Cannes et la Cinémathèque Française, le musée d’Art africain lié à la donation de jean Pigozzi, ou encore le développement du Pôle art moderne et contemporain autour de La Malmaison. Elle pilote également la candidature de l’île Saint-Honorat à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO — un projet porteur de sens et d’envergure internationale.
Sous sa direction, la Ville de Cannes a obtenu en 2021 le prestigieux label « Ville créative UNESCO – cinéma », marquant ainsi la reconnaissance mondiale du rôle moteur de Cannes dans l’écosystème culturel. Cette distinction reflète son engagement à inscrire la culture dans une dynamique d’innovation, d’ouverture et de coopération internationale.
Fervente défenseuse d’une culture inclusive et exigeante, Maud Boissac veille à ce que les actions culturelles irriguent l’ensemble du territoire et s’adressent à tous les publics. Elle développe des dispositifs de médiation, renforce les liens avec le monde éducatif et soutient activement les artistes et porteurs de projets locaux. Sa capacité à articuler exigence artistique, gouvernance territoriale et innovation sociale fait d’elle l’un des piliers du renouveau culturel cannois.
À Cannes, où l’art, le patrimoine et la lumière dialoguent avec les imaginaires du monde entier, Maud Boissac incarne une figure centrale : celle d’une bâtisseuse de sens, d’une stratège discrète, d’une femme de culture pour qui chaque projet est aussi une promesse de rencontre, de transmission et d’avenir.
L’art ne s’arrête pas aux œuvres. Avec So Nomad.e, il se prolonge dans le voyage, le vin et l’art de vivre.
