Depuis le lancement d’Essentiel Media, certains lecteurs ont remarqué la présence de visuels réalisés à l’aide de l’intelligence artificielle. La question est légitime. Pourquoi un média consacré à l’art et à la culture choisit-il parfois d’utiliser cet outil plutôt qu’une photographie traditionnelle ?
La réponse tient en quelques mots : choix éditorial, mais aussi choix de prudence.
Depuis toujours, l’image occupe une place essentielle dans la presse. Une photographie attire le regard, accompagne une réflexion et aide parfois à comprendre un sujet complexe. Pourtant, dans le domaine de l’art, toutes les images ne sont pas aussi simples à utiliser qu’il y paraît.
Il y a quelques années, notre rédaction a été confrontée à une situation particulièrement inconfortable. Une image transmise dans le cadre d’une communication professionnelle a fait l’objet d’une réclamation ultérieure. Il nous a été reproché d’avoir utilisé un visuel appartenant à une banque d’images commerciale. Les montants évoqués étaient considérables pour un média indépendant et l’affaire aurait pu déboucher sur un contentieux lourd.
Cette expérience nous a rappelé une réalité souvent méconnue : même lorsqu’une image est reçue d’un attaché de presse, d’un intermédiaire ou d’un tiers de bonne foi, la question des droits reste parfois complexe. Dans notre cas, les suites annoncées n’ont finalement jamais abouti, notamment parce que les éléments nécessaires pour démontrer l’usage reproché n’ont jamais été établis de manière définitive. Mais l’expérience fut suffisamment marquante pour nous pousser à revoir notre politique d’illustration.
Nous avons alors pris une décision simple : privilégier autant que possible des visuels dont l’origine est parfaitement identifiée ou des illustrations créées spécifiquement pour accompagner nos analyses.
Car il existe un autre aspect à cette réflexion. Une grande partie des sujets traités par Essentiel Media ne concernent pas des événements, des expositions ou des artistes précis. Nous publions également des articles de fond sur le marché de l’art, la création, la valeur artistique, la curation, la place de l’artiste dans la société ou encore l’évolution du regard contemporain.
Comment photographier une idée ?
Comment illustrer une réflexion sur la beauté, la cote d’un artiste ou la mémoire des expositions ?
Dans ces situations, la photographie atteint parfois ses limites. Elle montre un lieu, une personne ou un objet. Elle ne représente pas toujours un concept.
L’intelligence artificielle nous permet alors de créer des illustrations éditoriales originales, conçues spécifiquement pour accompagner une réflexion. Non pour remplacer la photographie. Non pour remplacer les artistes. Mais pour donner une forme visuelle à des sujets qui relèvent davantage de la pensée que du reportage.
Chez Essentiel Media, les textes restent entièrement au cœur du projet. Les analyses, les prises de position et les réflexions publiées sur le site sont rédigées, relues et assumées humainement. L’image n’est qu’un prolongement visuel destiné à enrichir l’expérience de lecture.
Nous sommes également conscients que l’intelligence artificielle suscite des débats légitimes dans le monde de l’art. Certains y voient une révolution créative. D’autres s’inquiètent de ses conséquences sur les auteurs, les photographes ou les illustrateurs. Ces interrogations méritent d’être entendues et continueront sans doute à nourrir les discussions des années à venir.
Pour notre part, nous considérons l’IA comme un outil. Rien de plus. Rien de moins.
Lorsqu’une photographie originale existe et peut être utilisée dans le respect des droits de son auteur, nous privilégions la photographie.
Lorsqu’une œuvre doit être montrée, nous montrons l’œuvre.
Lorsqu’un artiste doit être mis en avant, nous mettons l’artiste en avant.
Mais lorsqu’il s’agit d’illustrer une idée, un débat ou une réflexion, nous pouvons choisir de créer une image originale plutôt que d’exposer inutilement notre média à des risques juridiques ou à des ambiguïtés liées aux droits d’utilisation.
Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir comment une image a été produite.
La véritable question est celle-ci : aide-t-elle le lecteur à mieux comprendre le sujet traité ?
Pour Essentiel Media, c’est là que se trouve l’essentiel.
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