Chaque année, le 21 juillet, la Belgique célèbre sa Fête nationale. Cette date commémore le serment prêté en 1831 par Léopold Ier, premier roi des Belges, marquant la naissance d’un État indépendant. Si cette journée est avant tout une célébration nationale, elle est aussi l’occasion de rappeler combien la Belgique occupe une place singulière dans l’histoire de l’art.
Petit pays par sa superficie, la Belgique exerce depuis des siècles une influence culturelle largement disproportionnée. Des Primitifs flamands aux artistes contemporains, elle a donné naissance à des créateurs qui ont profondément transformé notre manière de voir le monde.
Il est également intéressant de rappeler que la devise nationale de la Belgique est « L’union fait la force » (L’Union fait la force – Eendracht maakt macht), adoptée après l’indépendance du pays. Plus qu’une simple formule, elle exprime une philosophie : celle d’un peuple composé de cultures, de langues et de sensibilités différentes, mais capable de construire un destin commun. Cette devise figure toujours sur les armoiries du Royaume de Belgique.
La Belgique n’est toutefois pas la seule à avoir adopté cette idée. Sous différentes traductions ou formulations, la Bolivie, la Bulgarie, la Géorgie, la Malaisie, l’Andorre, l’Angola et Haïti utilisent également cette maxime comme devise nationale ou sur leurs armoiries officielles. Cette phrase simple possède ainsi une portée universelle : elle rappelle que les grandes réalisations naissent rarement de l’individualisme, mais de la capacité à unir les talents et les différences.
En Haïti, cette devise occupe une place toute particulière. « L’Union fait la force » est inscrite sur les armoiries nationales, représentées sur le drapeau officiel, dans les bâtiments publics, les monuments et de nombreuses œuvres d’art. Peintres, muralistes, sculpteurs et artistes populaires haïtiens reprennent régulièrement cet emblème pour évoquer l’indépendance, la résistance, la mémoire collective ou encore l’espoir d’un avenir meilleur. Le blason haïtien est ainsi devenu bien plus qu’un symbole politique : il constitue un véritable sujet artistique qui traverse les générations.
Comment évoquer la Belgique sans penser à Jan van Eyck, dont la maîtrise de la peinture à l’huile révolutionna l’art occidental ? Ou à Pieter Bruegel l’Ancien, observateur attentif de la société et des paysages de son époque ? Plus tard, James Ensor bouleversera les codes de la représentation avec ses masques inquiétants, tandis que René Magritte fera entrer le surréalisme dans l’histoire mondiale de l’art avec une œuvre devenue universelle.
Mais la Belgique ne se résume pas à quelques grands noms. Elle possède une particularité rare : avoir toujours laissé cohabiter des sensibilités très différentes. Ici, le réalisme dialogue avec l’abstraction, le design avec l’art conceptuel, la photographie avec la bande dessinée. Cette diversité est sans doute l’une des plus grandes richesses du paysage artistique belge.
Bruxelles, Anvers, Gand, Liège, Mons ou encore Ostende constituent autant de foyers de création où se croisent artistes, galeries, centres d’art et collectionneurs. Les écoles d’art belges jouissent d’une reconnaissance internationale, tandis que de nombreuses institutions publiques continuent de soutenir la création émergente.
Cette liberté de ton se retrouve également dans l’humour belge, souvent teinté d’autodérision, dans le goût pour l’absurde ou encore dans cette capacité à détourner le réel avec élégance. Il n’est d’ailleurs pas anodin que le surréalisme belge ait développé une identité propre, différente de celle de ses voisins français. Là où d’autres cherchent à expliquer le monde, les artistes belges préfèrent souvent le questionner.
Cette indépendance intellectuelle dépasse le seul domaine des arts plastiques. Elle irrigue le cinéma avec les frères Dardenne ou Jaco Van Dormael, la mode avec les créateurs d’Anvers, l’architecture, le design, la photographie et même la bande dessinée, autre patrimoine culturel majeur du pays.
Dans un monde où les tendances tendent parfois à uniformiser la création, la Belgique continue d’offrir un espace où les différences sont non seulement acceptées, mais revendiquées. Cette capacité à cultiver des identités multiples sans jamais renoncer à une profonde liberté créative explique sans doute pourquoi tant d’artistes belges rayonnent aujourd’hui bien au-delà de leurs frontières.
En ce 21 juillet, il ne s’agit donc pas seulement de célébrer une nation. Il s’agit aussi de rappeler qu’au cœur de son identité figure une idée simple mais universelle : l’union fait la force. Une devise qui dépasse les frontières belges, inspire d’autres peuples et continue, aujourd’hui encore, de nourrir la création artistique.
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