À Cannes, le Festival déborde depuis longtemps du Palais des Festivals pour investir toute la ville. Du 12 au 23 mai 2026, le cours Félix Faure accueille ainsi une exposition monumentale célébrant les 20 ans du portfolio « Mode & Cinéma » de Madame Figaro. Portée par la Mairie de Cannes et inaugurée par David Lisnard aux côtés d’Anne-Florence Schmitt, directrice de la rédaction de Madame Figaro, cette installation gratuite en plein air confirme une nouvelle fois la volonté cannoise de faire vivre l’art et le cinéma au cœur même de l’espace urbain.
À Cannes, le cinéma ne s’arrête jamais vraiment. Même loin des projections officielles, des tapis rouges ou des flashes du Palais, la ville continue de faire vivre cette culture de l’image qui façonne son identité depuis des décennies. Et c’est précisément ce que rappelle l’exposition « 20 ans de Madame Figaro », installée en plein air sur le cours Félix Faure jusqu’au 23 mai 2026.
Ici, pas de murs de musée ni de scénographie fermée. Les photographies s’exposent directement dans la ville, au milieu des passants, des visiteurs et des terrasses baignées de lumière méditerranéenne. Dix totems monumentaux présentent vingt clichés emblématiques issus du célèbre portfolio « Mode & Cinéma », devenu au fil des années une signature esthétique du Festival de Cannes.
Cette exposition raconte aussi une certaine idée de Cannes. Une ville qui refuse de réduire son rayonnement culturel à la seule quinzaine du Festival. Une ville qui cherche au contraire à diffuser l’art dans l’espace public, à le rendre visible, accessible et vivant toute l’année. Fresques monumentales, installations urbaines, expositions extérieures, bus transformés en œuvres mobiles ou parcours photographiques : à Cannes, la culture se mêle désormais au paysage quotidien.
C’est cette vision que défend depuis plusieurs années David Lisnard, pour qui le cinéma et l’art doivent exister au-delà des lieux institutionnels. L’exposition Madame Figaro s’inscrit ainsi dans une politique culturelle plus large où l’espace urbain devient lui-même support artistique.
Et le choix de Madame Figaro possède une forme d’évidence. Depuis 2006, le magazine construit à Cannes un dialogue singulier entre les grandes figures du cinéma et les maisons de luxe, à travers des photographies devenues iconiques. En vingt éditions, ce portfolio a développé une esthétique immédiatement reconnaissable, mêlant glamour, mode, portrait et imaginaire cinématographique.
L’exposition 2026 propose justement une rétrospective de ces images devenues emblématiques. Des acteurs, des regards, des silhouettes, des instants suspendus qui racontent aussi l’évolution du Festival lui-même et de son rapport à la mode, à la photographie et à la mise en scène médiatique.
Mais ce qui fonctionne particulièrement ici, c’est le dialogue entre ces images et la ville. Les visiteurs découvrent les œuvres en marchant. Les habitants tombent dessus presque par hasard. Les photographies s’intègrent au décor cannois entre palmiers, lumière du littoral et agitation festivalière. L’exposition cesse alors d’être un simple événement culturel pour devenir une expérience urbaine.
Cette manière de faire circuler l’art dans Cannes rappelle d’ailleurs d’autres initiatives récentes de la municipalité : les fresques géantes consacrées au cinéma, l’exposition « Cannes fait le mur », ou encore les bus artistiques récemment habillés par Valerio Adami et auparavant par Robert Combas.
À Cannes, l’art semble désormais suivre une même logique : sortir des cadres traditionnels pour accompagner le quotidien. Et finalement, c’est peut-être là que réside aujourd’hui la singularité culturelle cannoise : réussir à faire du cinéma, de la photographie et de la création artistique une présence permanente dans la ville, bien au-delà du tapis rouge.
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