Il y a des artistes dont l’univers est immédiatement reconnaissable. Hervé Di Rosa est de ceux-là. Couleurs franches, personnages hybrides, humour permanent, références populaires assumées : depuis plus de quarante ans, l’un des fondateurs de la Figuration Libre construit une œuvre qui refuse les frontières entre culture savante et culture populaire.
Du 17 juillet au 8 novembre 2026, le centre d’art contemporain La Malmaison à Cannes lui consacre une importante exposition intitulée « Mirages du monde ». Plus qu’une rétrospective, cette présentation de 103 œuvres offre un voyage dans un imaginaire nourri par les rencontres, les déplacements et la curiosité.
Le parcours débute par les années 1980, période durant laquelle Di Rosa impose une peinture libre, exubérante et profondément narrative. À contre-courant d’un art contemporain souvent dominé par le concept, il revendique alors le plaisir de raconter des histoires, de peupler ses toiles de créatures improbables et de puiser dans la bande dessinée, les affiches, les jouets ou encore l’imagerie populaire.
Le deuxième chapitre constitue sans doute l’une des clés essentielles de compréhension de son travail. Depuis les années 1990, l’artiste parcourt le monde et collabore avec des artisans locaux. Vietnam, Mexique, Afrique du Sud, Ghana ou encore Europe de l’Est deviennent autant de terrains d’expérimentation. Chaque voyage enrichit son vocabulaire plastique et nourrit une réflexion sur les cultures populaires et les savoir-faire traditionnels.
Enfin, les œuvres récentes témoignent d’une démarche restée étonnamment vivante. Malgré les décennies, Di Rosa continue d’explorer les mêmes questions : comment les images circulent-elles d’une culture à l’autre ? Comment les mythologies collectives se transforment-elles ? Que reste-t-il des frontières culturelles à l’heure de la mondialisation ?
L’exposition prend une dimension particulière à Cannes. Ville de cinéma, de festivals et d’échanges internationaux, elle offre un écrin naturel à cet artiste voyageur dont l’œuvre n’a cessé de construire des ponts entre les imaginaires du monde.
Les sculptures installées sur le parvis et le toit-terrasse prolongent cette immersion au-delà des salles d’exposition. Comme souvent chez Di Rosa, l’art déborde du cadre, envahit l’espace et invite le visiteur à participer à cette vaste fête visuelle.
Avec « Mirages du monde », La Malmaison confirme également son ambition de proposer des expositions d’envergure internationale depuis sa réouverture. Une ambition cohérente avec l’histoire de ce lieu emblématique de la Croisette, désormais pleinement inscrit dans le paysage artistique contemporain européen.
Informations pratiques :
Du 17 juillet au 8 novembre 2026
Centre d’Art La Malmaison – Cannes
Vernissage le 16 juillet à 18h en présence de l’artiste.
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