Sous un ciel azuréen traversé de lumière, la façade de l’Hôtel de Ville de Cannes s’est transformée, mercredi matin, en immense écran de mémoire. Devant plusieurs dizaines de Cannois, journalistes, passionnés de photographie et amoureux du cinéma, David Lisnard, maire de Cannes, inaugurait la 22e édition de « Cannes fait le Mur », devenue au fil des années l’un des rendez-vous culturels majeurs de la ville.
Cette édition 2026, intitulée « Pleins phares sur le 7e art », explore la relation intime entre le cinéma et l’automobile. Une histoire d’élégance, de mouvement, de liberté et de fascination populaire.
Aux côtés de Jérôme Béglé, directeur des rédactions de Paris Match, et de Pierre-Emmanuel Ferrand, directeur général du magazine, David Lisnard a rappelé avec justesse que « le cinéma et les voitures, c’est une longue histoire d’amour ». Une phrase qui prenait immédiatement tout son sens face à l’immense photographie dévoilée sur la façade du bâtiment.
Car cette image n’est pas anodine.
L’affiche monumentale met en scène Brigitte Bardot et Roger Vadim à Saint-Tropez, lors du tournage du film Et Dieu… créa la femme en 1956. Une photographie devenue presque mythologique dans l’imaginaire du cinéma français. On y retrouve toute l’insouciance solaire de la Côte d’Azur des années cinquante : les cabriolets, la foule, les regards tournés vers les stars, l’effervescence populaire et cette sensation de liberté qui allait bientôt définir tout un pan du cinéma moderne.
À travers cette image, c’est aussi une époque qui ressurgit. Celle où Saint-Tropez bascule dans la légende internationale grâce à Bardot. Celle où la voiture devient un prolongement du récit cinématographique, un symbole de désir, de vitesse et d’émancipation.
Et c’est précisément ce dialogue entre cinéma et automobile que l’exposition met en lumière.
Organisée du 13 mai au 30 août 2026 par la Ville de Cannes, en partenariat avec Paris Match et avec le soutien de Peugeot, « Cannes fait le Mur » transforme une nouvelle fois l’espace urbain en galerie photographique à ciel ouvert. Accessible gratuitement, l’exposition poursuit cette ambition rare : faire sortir les images des musées pour les replacer dans la ville, face aux habitants comme aux visiteurs.
Sur place, l’atmosphère oscillait entre inauguration officielle et émotion patrimoniale. Beaucoup levaient les yeux vers cette immense photographie noir et blanc avec le sentiment de voir réapparaître une certaine idée du cinéma français : populaire, élégant, libre et profondément lié à la Méditerranée.
Depuis vingt-deux ans, « Cannes fait le Mur » réussit ce que peu d’événements culturels parviennent encore à faire : transformer la mémoire collective en expérience visuelle accessible à tous. Et cette édition 2026, portée par le souffle des voitures anciennes, des tournages mythiques et des icônes du grand écran, rappelle à quel point Cannes continue de vivre au rythme de son histoire cinématographique.
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